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La danse théâtrale d'Egypte a trois visages: sha'abi, sharqi et baladi
Discipline artistique complète, extrêmement exigeante par la technique et le travail corporel qu'elle impose, elle offre pourtant à ses interprètes les plus averties une réelle plénitude.
Authenticité, force de la mémoire, quête absolue du beau, prélude à la modernité: voici les maîtres mots que la danse théâtrale d'Egypte mêle subtilement au gré de ses figures. Par son travail doté d'une énergie novatrice, Béatrice apprivoise et restitue l'esprit et la lettre de ces danses raffinées et profondément féminines.
Sur scène, dans ses mouvements maîtrisés, son souci du détail et son appropriation de l'espace, Béatrice garde à l'esprit que la force des meilleures est de se considérer toute leur carrière durant comme de simples élèves. Elle consacre sa vie à transmettre un art authentique et poétique puisant ses racines dans le berceau d'une civilisation millénaire.
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Sha'abi
Les traditions sha'abi trouvent leurs origines dans les villages et les petites villes de toute l'Egypte. Elles jouent un rôle essentiel dans la vie des fellahs; pas une fête, pas une cérémonie ne se déroule sans que ne retentissent les accents du sha'abi.
Les danses de la campagne sont significatives d'un vrai caractère d'identification d'une nation ou d'une région. Ces danses traditionnelles ont peu changé à travers l'histoire et la modernité n'a pas touché leur essence. En Egypte, le sha'abi enveloppe différentes traditions et formes de danse: Fellahi, Saïdi et Ghawazi. Certaines de ces danses sont interprétées tant par les femmes que par les hommes et offrent ainsi une dualité technique et émotionnelle passionnante à explorer.
Quelles que soient ses différentes rythmiques et mélodiques, le sha'abi puise sa source dans l'attachement teinté de fierté que les fellahs portent à leur terre et à leurs traditions ancestrales.
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Sharqi
Le terme "sharqi" fait référence à la musique et à la danse classiques dont les origines lointaines sont intrinsèquement liées au soutien de l'élite égyptienne pour les arts et la culture. A cette époque, au coeur des palais et des riches demeures, se produisaient des ensembles de musique savante appelés "takht" et comprenant un ûd, un qânun, un kamânga (violon), un nây et un riqq. Soulignons que "takht" est, à l'origine, un terme persan désignant l'estrade (ou le dais) où étaient assis les musiciens. Ce terme a fini par désigner l'orchestre lui-même.
Le takht accompagnait la danseuse et tous deux, profondément unis dans l'expression artistique, engendraient une atmosphère de "Tarab" ou "extase émotionnelle".
Ainsi, la danse de cour s'épanouit, reflétant des images d'une extrême élégance.
Dans les années 30, la musique et la danse sharqi coulent des jours idylliques, très appréciées par le public et largement diffusées par le cinéma égyptien et ses précieux films musicaux. Un changement se dessine alors : le takht s'étoffe, multiplie les violons et intègre, peu à peu, violoncelle, contrebasse, clarinette et même accordéon. Il se métamorphose en orchestre oriental où instruments occidentaux et orientaux se côtoient avec bonheur. C'est un bouleversement harmonieux pour l'univers musical égyptien. Les recherches, le talent et la sensibilité de nombreux compositeurs et interprètes donnèrent progressivement naissance à des répertoires classiques nouveaux, ouverts à la modernité, vastes, diversifiés et complexes. Mais, parallèlement à cette extraordinaire créativité musicale, la danse, dans les années 70, est à bout de souffle : commercialisation à outrance et empreintes hollywoodiennes obscurcissent considérablement la beauté de l'authentique danse de cour et brisent ses aspirations à l'innovation et au renouvellement.
Aujourd'hui, par un travail empreint de minutie et de respect, Béatrice contribue à faire renaître le sharqi de cour, et, grâce à une approche technique et esthétique volontairement moderniste, elle développe le sharqi moderne, superbe fusion des sensibilités et techniques orientales et occidentales.
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| Baladi
Le baladi désigne la danse populaire urbaine d'Egypte.
Cette forme musicale vibrante, à la fois structurée et improvisée, se développe au tournant du XXe siècle. Elle trouve ses origines dans les anciennes chansons et les vieux rythmes de la campagne. A l'époque, d'importants changements sociaux et économiques provoquent l'exode des fellahs vers les villes. Ils y trouvent une nouvelle prospérité et découvrent, au coeur de l'univers citadin, l'effervescence culturelle et artistique du début du siècle. Tradition et modernité se rencontrent : ainsi, les répertoires musicaux des paysans se raffinent, se complexifient et se dotent de nouveaux instruments d'accompagnement comme le saxophone, l'accordéon ou la clarinette.
Le baladi est un peu à la gent rurale ce que le jazz et le blues sont à la communauté noire américaine. Il exprime le climat d'une époque, les états d'âme d'une communauté et offre à la danse des possibilités techniques et expressives jusqu'alors inexplorées.
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